PRODUIRE
Le
producteur
Il étudie le projet d'un film,
évalue son coût et ses chances de succès commercial. Il n'est pas un
mécène. Son but est de gagner de l'argent, pari toujours difficile, comme tous
les produits artistiques. Le film n'a d'autre valeur que celle que lui
reconnaîtra le public lorsqu'il sera sur les écrans, c'est à dire au moins un
an après sa mise en chantier. Il doit trouver les moyens de couvrir la
totalité des dépenses.
Il est de plus en plus rare que le producteur soit un individu travaillant (et
finançant) seul. Le plus souvent, il est lié à une entreprise, une société
de production, dont il est actionnaire ou salarié.
Le
producteur associé
Il participe au financement du film
dans le cas d'une coproduction.
Le
producteur délégué
Dans le cas d'une coproduction c'est
lui qui assume la responsabilité de la production pour le compte des
coproducteurs.
Le
producteur exécutif
Il supervise dans une grande société
plusieurs productions confiées à des producteurs délégués.
Le
directeur de production
C'est un collaborateur du producteur,
qui lui confie la gestion pratique du film (établissement des devis,
préparation des contrats, autorisations administratives, suivi des dépenses,
etc.).
Le
régisseur général
Assistant du directeur de production,
il règle les problèmes matériels du tournage (obtention des lieux de
tournage, convocation des participants, hébergements, etc.).
ÉCRIRE
Le
scénariste
Il lui appartient d'écrire le
scénario du film. L'élaboration du scénario peut être confiée,
successivement ou simultanément à plusieurs personnes : scénariste,
dialoguistes, auteur de l'œuvre originale, etc.
Il y a toujours collaboration entre le scénariste et le réalisateur. A quoi il
faut ajouter que le producteur ne renonce pas à son droit de regard car le
scénario à une influence directe sur le devis.
Le
synopsis
Première étape du scénario. Ce
texte court (quelques pages dactylographiées) résume l'histoire, qu'il suit
chronologiquement, en mettant en évidence les lignes de force et le
fonctionnement de l'ensemble. Le synopsis se veut d'abord un document de
travail. Il permet de présenter le projet à différent intervenants :
producteurs, réalisateur, etc.
Le
traitement
Il est document, d'une cinquantaine de
pages dactylographiées, qui développe l'histoire. Il en met en évidence les
articulations et les temps forts, définit les personnages et précise leur
évolution. Le traitement est également la première étape de ce qu'on appelle
l'adaptation.
L'adaptation
Elle ne consiste pas seulement à
porter à l'écran une œuvre préexistante. C'est le travail qui, tenant compte
du langage et des techniques propres au cinéma, leur adapte un synopsis aussi
bien qu'un roman. Le travail du scénariste consiste à enrichir ce qui n'est
encore qu'un plan (le traitement). Il développe les situations, définit les
protagonistes, introduit des personnages secondaires, décrit les lieux, indique
les moments de l'action, etc.…
La démarche est totalement différente quand
il s'agit d'adapter un roman. Le premier problème qui se pose est celui du
respect de l'œuvre originale. Ce respect ne va pas de soi. Il y a différence
de langage entre le cinéma et l'écrit. Le cinéma est essentiellement un art
du regard, donc du comportement : tout ou presque, se trouve dans ce qu'il
montre, dans la reproduction concrète et réelle.
L'adaptateur
Scénariste chargé d'adapter pour
l'écran une œuvre originale ou une œuvre littéraire préexistante.
Dialoguiste
Écrivain chargé de mettre en forme
le texte parlé du film.
La
continuité dialoguée
Aboutissement du travail du
scénariste, la continuité dialoguée, qui prend totalement en compte la
narration, englobe tous les éléments du film : actions très détaillées,
présentation précise et complète des personnages (traits, caractères,
motivations, costumes, gestes familiers, etc.), lieux et temps de l'action (en
précisant intérieur ou extérieur, jour ou nuit), dialogues définitifs,
accessoires et éléments sonores essentiels.
Ce document, beaucoup plus volumineux que le traitement, sera communiqué à des
intervenants potentiels (réalisateur, producteur, acteurs, décorateurs,
directeur de la photographie, etc.).
Il respecte une présentation qui distingue les éléments visuels et les
éléments sonores. La continuité dialoguée fait apparaître la division du
film en scènes et séquences.
Le
découpage technique
Il est en quelque sorte l'œuvre du réalisateur
qui précise les ses intentions. Il y définit, dans tous les détails, la
façon dont il envisage de filmer le scénario qui lui est confié. Le
découpage technique constitue un document de référence pour tous les
collaborateurs, en particuliers les techniciens.
Comme son nom l'indique, il découpe les séquences et scènes de la continuité
en plans. Le découpage technique ne s'en tient pas à la seule indication de
l'échelle des plans. Il se présente en deux colonnes distinctes. L'une
(normalement celle de gauche) est réservée à l'image; l'autre est dévolue au
son. Les plans sont numérotés dans l'ordre de la continuité dialoguée et
chacun d'eux décrit avec précision : décor (intérieur ou extérieur), moment
(jour ou nuit), échelle, cadrage, angle, lumière, mouvement d'appareil,
raccords, ponctuation, position de départ et placement des acteurs, accessoire
jouant, dialogues, éléments sonores essentiels, etc.
Le
story board
Peut compléter le découpage
technique sous forme de bande dessinée. Chaque plan y fait l'objet d'un croquis
accompagné d'indications techniques. Surtout utile pour les films à effets
spéciaux, le story board semble actuellement se généraliser. Il permet
également au directeur de la photographie et au cadreur de voir immédiatement
la composition de l'image imaginée par le réalisateur.
RÉALISER
La réalisation d'un film
requiert la participation de nombreux techniciens : décorateur, directeur de la
photographie, musicien, monteur, scripte, électriciens, machinistes.
Normalement le réalisateur choisit ses collaborateurs, avec l'approbation du
producteur. Les techniciens viennent avec leur propre équipe (par exemple,
cadreur et assistant pour le directeur de la photographie).
La
préparation du tournage
Cette partie est certainement la moins connue du public. Un film mobilise
plusieurs dizaines de techniciens et acteurs qui vont travailler en plusieurs
lieux (studios, intérieurs réels, extérieurs) avec un matériel technique
important et de nombreux accessoires. Il importe que tout soit parfaitement
prévu; que chacun sache quand il intervient et pourquoi; que les décors soient
prêts; qu'il ne manque pas au dernier moment un accessoire dont la recherche
ferait perdre un temps précieux (donc de l'argent).
La responsabilité de la préparation échoit au réalisateur et au directeur de
production assister par le régisseur général et un second assistant.
Le
réalisateur
Il assume la responsabilité
artistique du film dont il est, sinon l'auteur unique, au moins le maître d'œuvre.
L'assistant
réalisateur
Il établit un premier dépouillement
dès la fin du découpage technique. Le dépouillement consiste à rassembler
par rubrique tous les éléments nécessaires au tournage de chaque plan.
On commence normalement par les décors (réels ou construits) classés par
lieux, intérieurs et extérieurs, jour ou nuit. On enchaîne avec les acteurs :
premiers et seconds rôles, mais également figurants définis de manière
précise (âge, sexe, costume, etc.). Il va recenser les accessoires en fonction
de leurs utilités et de leurs importances.
Aux accessoires proprement dits, il faut ajouter les véhicules, les animaux,
les costumes, les maquillages spéciaux, etc.
En compagnie de la scipte, l'assistant termine son dépouillement par le
minutage (durée probable de chaque plan) et la continuité.
C'est à partir du dépouillement que le régisseur établit les feuilles de
service qui regroupent tous les renseignements nécessaires au tournage d'un
plan, et, plus largement, des plans de la journée.
Pour des raisons économiques, un film n'est jamais tourné dans l'ordre du
découpage technique.
La
recherche des acteurs
Le choix des comédiens est plus complexe que celui des techniciens. Il s'opère
différemment pour les stars et premiers rôles, d'une part, les seconds rôles,
silhouettes et figurants, d'autre part.
Les stars (ou étoiles, en français) sont des acteurs ou actrices qui ont
érigé leur personne en mythe. Leur image importe plus que leur talent de
comédiens. Ils imposent une image dans laquelle le public veut se reconnaître
à un moment donné.
Pour établir ces distributions, l'assistant peut faire appel aux agences
d'acteurs et aux directeurs de casting.
Agent
artistique
Personne physique ou morale chargées
de la promotion d'un artiste (acteur, réalisateur, compositeur) et de la
défense de ses intérêts (négociation des contrats)
Le
premier rôle
C'est un comédien qui occupe (ou
partage) la vedette des films auxquels il participe. Son choix dépend du
réalisateur et du producteur.
Les
seconds rôles
Ils interprètent des personnages
secondaires, mais pas négligeables pour autant. Être second rôle n'est pas
synonyme de talent moindre. On leur demande souvent d'être capable de typer et
d'imposer très rapidement un personnage, ce qui les enferme souvent dans des
emplois dont ils ont du mal à s'échapper. Le choix des seconds rôles est fait
par l'assistant en étroite collaboration avec le réalisateur.
Les
silhouettes
Se détachent légèrement du lot par
une fonction accessoire individuelle ou quelques mots à dire.
Les
figurants
Ils forment un décor humain muet dont
les individus ne se distinguent guère : foule, clients d'un restaurant,
passagers, agents de police, etc.
Les
cascadeurs
On fait avant tout appel à eux pour
leurs performances sportives, au cours de scènes de bagarres, doubler une
vedette dans une scène dangereuse, etc.
La
doublure
Ne pas confondre avec le cascadeur. La
doublure ressemble à la vedette et qui la remplace quand sa présence n'est pas
indispensable : réglage des lumières avant le tournage ou présence à l'image
quand la vedette, dans une apparition très effacée, n'est pas reconnaissable.
Les
décors
Les progrès de la technique, le
soucis de réduire le devis, ont poussé le cinéma contemporain à utiliser des
décors réels, intérieurs comme extérieurs. Cela n'a toutefois pas conduit à
l'abandon total du tournage en studios et à la construction de décors.
L'architecte
décorateur
On dit plus couramment : décorateur.
C'est à lui qu'il revient de concevoir les décors, d'en prévoir en d'en
suivre la construction. Son intervention, importante pendant la préparation,
s'étend du scénario pour la conception, au tournage, pour la construction. Le
décor est un élément majeur d'un film. "Le décor est fonction du
scénario, il existe que pour lui. Tout décor qui serait une fin en soi ne
serait pas un bon décor" Alexandre Trauner. Ce qui signifie que la
conception du décor est conduite en collaboration avec le réalisateur, qui
pourra lui-même modifier sa mise en scène pour l'adapter au projet retenu.
Au décorateur et au réalisateur se joint également le directeur de la
photographie pour l'étude des problèmes techniques (recul ou déplacement de
la caméra) ou esthétiques (choix des objectifs, éclairages) liés aux
décors.
C'est donc à partir du scénario, après avoir analysé les intentions et
répertorié les contraintes, que le décorateur commence son travail proprement
dit. Travail qui tient à la fois de l'imagination et de la culture. De
l'imagination, pour concevoir ces cadres particuliers, leurs formes, leurs
espaces, leurs couleurs; de la culture, pour garantir leur vraisemblance. Pour
les films historiques, par exemple, il est d'usage de s'en rapporter aux
peintures ou dessins d'époque.
Le décorateur commence par réaliser un premier plan du décor. Lorsque
l'accord est atteint sur ces esquisses, le décorateur (ou ses assistants)
établit, à la façon d'un architecte, un plan définitif à l'échelle. Il
sera distribué à tous les corps de métier qui interviennent dans la
construction.
La
construction des décors
La construction du décor commence par
la définition de son implantation dans le studio. On reporte au sol, en
grandeur réelle, le plan établi par l'architecte décorateur. Une fois
l'implantation arrêtée, on met en place les châssis (structures en bois et
contre-plaqué), sorte de "squelette" qui va recevoir les éléments
de décoration. On procède ensuite à l'habillage des châssis. Quand tout est
en place, les peintres spécialistes interviennent. Les derniers à intervenir
sont l'ensemblier et l'accessoiriste qui installent l'un les meubles, l'autre
les accessoires, qu'ils ont eu la charge de rechercher et de louer pour la
durée de leur utilisation.
Un cas particulier, mais de plus en plus rare compte tenu de son coût, peut se
présenter ; celui de la construction en extérieur de décor trop vaste pour le
volume du studio.
L'accessoiriste
Homme à tout faire placé sous la
direction de l'ensemblier qui assure le recherche, la surveillance et l'emploi
de tous les accessoires et meubles nécessaires à l'action ou figurant
seulement dans le décor.
Costumes
et maquillage
Les costumes sont dessinés par
le créateur de costumes, qu'on appelle souvent improprement costumier. Ce sont
deux métiers différents. Le créateur de costumes conçoit des costumes
originaux et en surveille l'exécution. Le costumier recherche chez des loueurs
spécialisés, les costumes des petits rôles et figurants.
L'habilleuse
Elle est chargée, pendant le
tournage, de la préparation et de l'entretien des costumes. Elle aide des
acteurs à les revêtir, y apporte éventuellement des retouches ou répare les
accidents de tournage.
Le créateur de costumes tient lieu de l'époque où se déroule l'action, du
style général du film, du caractère du personnage, de l'intégration des
costumes aux décors, de la réaction de la technique (éclairage, objectifs,
pellicule).
Le
maquillage
Le maquilleur intervient
essentiellement pendant le tournage. Il met en valeur l'interprète en effaçant
de possibles imperfections (cernes, rides, grain de peau, etc.) ou en jouant
légèrement sur son aspect pour le rapprocher davantage du personnage. Il
modifie totalement un visage. Il fait passer de vingt à soixante ans un
personnage qui vieillit pendant l'action. Il peut aussi avoir à présenter le
jeune premier nez écrasé et visage tuméfié après une bagarre, ou à
dessiner de vilaines plaies dans des films de guerre.
IMAGE
ET SON
Le
directeur de la photographie
A partir des observations recueillies au cours des repérages, de la lecture du
découpage et de ses échanges avec le réalisateur et le décorateur, le
directeur de la photographie sélectionne le matériel qui sera loué. Il
vérifie le bon fonctionnement des caméras et la qualité des objectifs. Il
contrôle également les caractéristiques de la pellicule choisie et, à partir
de prises de vues successives des même plans avec des éclairages de puissances
différentes, on détermine la lumière de base retenue pour le tournage.
Chef
électricien
Technicien placé sous les ordres du
directeur de la photographie. Il est responsable du matériel électrique et
commande les électriciens de plateau. Il dispose les projecteurs et les
oriente.
Groupiste
Technicien responsable du
fonctionnement d'un groupe électrogène.
Chef
machiniste
Technicien responsable de l'ensemble
du matériel de tournage, il dirige l'équipe des machinistes et veille à
régler les problèmes techniques du plateau.
Le
chef opérateur son
L'équipe son ressemble comme une sœur, dans son esprit et sa démarche, à
celle de l'équipe image. Le chef opérateur du son choisit et essaie son
matériel dont les caractéristiques varient suivant qu'il s'agit d'un travail
en studio, en intérieurs réels ou en extérieurs, et que le plan de travail
envisage un son définitif ou un simple son témoin. Cette préparation intègre
l'étude des lieux de tournage et leur adaptation selon la qualité de son qu'on
souhaite. Comme le directeur de la photographie, le chef opérateur du son
procède à des essais : essais techniques du matériel et des bandes, essais de
voix avec les comédiens.
Le
play-back
Cette technique constitue un cas
particulier dans la préparation du son. Cette technique consiste à enregistrer
préalablement le son d'une scène, les acteurs se contentant, pendant le
tournage, de plus ou moins mimer. Au cinéma le play-back s'applique
essentiellement à la musique. Le play-back offre deux avantages évidents : un
prix de revient inférieur (il moins coûteux d'enregistrer un orchestre en
auditorium) et une qualité technique supérieure. Mais le play-back est surtout
imposé par le découpage en plans et le non-respect de leur chronologie lors du
tournage, qui rendrait très aléatoires les raccords musicaux et le maintien de
la même "couleur" de son.
LE TOURNAGE
Les premiers opérateurs
tournaient la manivelle de leur caméra, à la main. L'expression est restée :
on continue à "tourner" un film et à appeler tournage cette période
capitale où le projet va devenir images et sons inscrits sur la pellicule et la
bande magnétique.
Le film, à tout moment de sa création, est un travail d'équipe. Et si le
metteur en scène (le réalisateur) est bien le maître d'œuvre, le responsable
artistique et, parfois l'auteur complet du film, il ne saurait mener son projet
à bien sans l'intervention de nombreux collaborateurs.
La
mise en place
Une journée de tournage commence la veille. L'assistant contrôle la feuille de
service et sa diffusion. Les horaires de travail d'une équipe de cinéma n'ont
que peu de rapports avec ceux d'une entreprise traditionnelle. Si on atteint une
relative régularité en studio, il en va autrement en extérieurs où les
prises de vues sont soumises à la lumière naturelle.
Sauf incident imprévisible, tout est opérationnel à l'arrivée du
réalisateur. Celui-ci fait une première mise en place, une répétition avec
les acteurs et les techniciens. Cette mise en place varie selon que le
réalisateur travaille avec un découpage technique respecté ou avec un
découpage souple.
L'équipe
de prise de vues
Le
directeur de la photographie
Il est le maître de la prise de vues,
dont il supervise tous les aspects, même s'il délègue une partie de ses
responsabilités aux membres de son équipe : cameraman (ou cadreur) et
assistants. Sauf en un domaine, le plus délicat et qu'il assume en totalité :
l'éclairage.
Les
éclairages
On ne peut nier le rôle primordial de
la lumière dans l'élaboration de l'image. Le cadrage l'organise physiquement,
impose le rapport des objets entre eux et avec le spectateur. Déjà,
l'éclairage appartient lui-même au cadrage, dans la mesure où il participe de
cette organisation spatiale qu'il accentue ou estompe.
Mise
en place de la caméra
La caméra est l'instrument essentiel
du tournage puisque c'est elle qui va enregistrer les images sur la pellicule.
Son maniement est confié au cadreur (ou cameraman) en relation avec le
réalisateur et le directeur de la photographie, car mise en scène, éclairage
et cadrages sont indissociables.
En premier lieu, le cadreur détermine l'emplacement de la caméra. Ce qui
devrait directement découler du découpage technique ou, mieux, du story board.
Les
cadrages
Le cadrage est l'organisation des
éléments de l'image à l'intérieur du rectangle imposé par la caméra.
Les
assistants opérateurs
Le premier assistant opérateur a
participé à la mise en place de la caméra. On l'appelle aussi pointeur, parce
qu'il a la responsabilité de régler la mise au point pendant la prise de vues.
Quand il y a mouvement de la caméra il y a nécessité de "rattraper"
la mise au point.
Le deuxième assistant opérateur est affecté au chargement de la caméra.
Celle-ci est alimentée en pellicule par des magasins amovibles que le deuxième
assistant charge en fonction des besoins. Pendant le tournage, le deuxième
assistant vérifie, sur le compteur de la caméra, la quantité de pellicule
consommée, et celle qui reste disponible pour le plan suivant.
L'équipe
de prise de son
Le travail du chef
opérateur du son se distingue de celui du directeur de la
photographie sur plusieurs points. Le plus important réside en ce que,
contrairement à ce qui a lieu pour l'image, il n'enregistre pas, lors du
tournage, la totalité des éléments figurant sur la bande-son définitive.
Celle-ci comporte des dialogues, des bruits et des musiques, enregistrés à des
moments différents et réunis lors du montage et au mixage.
Le
chef opérateur du son cherche d'abord
le meilleur placement du ou des micros. En fonction des voix, de leur présence,
de la perspective sonore et de l'ambiance. Parallèlement, il note les
déplacements des comédiens et prend des dispositions pour maintenir ses micros
à la même distance. Ce qui est une des fonctions du perchiste (ou perchman).
Assistant du chef opérateur du son, le perchiste a pour tâche, justement de
maintenir le micro à sa bonne place, sans encombrer le champ de la caméra. Il
s'aide pour cela d'une longue perche qui porte le micro à son extrémité.
Il importe de distinguer son direct et son témoin, qui n'appellent pas les
mêmes conditions d'enregistrement.
Le son direct est enregistré au tournage pour être utilisé comme tel au
montage. Considéré comme définitif, il doit donc posséder toutes les
qualités, techniques et artistiques, imposées par sa destination.
On a recourt au son témoin chaque fois que les conditions de tournage ne
permettent pas le son direct. Cela peut dépendre des lieux, du budget, des
comédiens (quand la distribution réunit des interprètes ne parlant pas la
même langue). Le son est alors refait, après tournage, en postsynchronisation
; opération que facilite le son témoin.
Le
clap
Le clap (ou claquette),
généralement en bois et peint en noir est constitué d'une plaque complétée
à sa base par une claquette (d'où son nom) formée de deux planchettes
réunies par une charnière. Le "tableau" est divisé en cases
inégales sur lesquelles sont mentionnés le titre du film, les noms du
réalisateur et du directeur de la photographie, les numéros du plan et de la
prise, l'effet lumière (jour, soir ou nuit). Lorsque le machiniste présente le
clap devant la caméra, il dit à haute voix le titre et les numéros de plan et
de prise et il termine en frappant la claquette.
L'utilité du clap est triple. Il indique le départ simultané du son et de
l'image et permet ultérieurement, notamment aux monteurs de rétablir la
synchronisation des deux bandes (image et son). Il suffit pour cela de faire
coïncider le bruit de la claquette avec l'image de sa fermeture. Les monteurs
utilisent également le clap pour repérer les plans et les prises à conserver.
Enfin le laboratoire se fie au clap pour retrouver les prises à tirer et pour
adapter son tirage aux effets lumière mentionnées.
La
scripte
La scripte assume une double fonction : secrétaire de plateau et mémoire du
film. Au premier titre, elle rédige les rapports image et montage, le journal
de bord et le rapport production. Au second, le plus intéressant pour elle,
elle assure la continuité du film. Son travail demande une attention de tous
les instants, un esprit d'observation aiguisé, une connaissance des techniques
cinématographiques, mais aussi le sens de l'organisation. La scripte est
également associée à la préparation du tournage, au moins pour le
pré-minutage et la continuité.
Le
photographe de plateau
Il n'intervient pas dans la
réalisation du film. Sa fonction est de prendre des photos de tournage et des
scènes du film. Elles seront utilisées pour la promotion du film et pour la
publicité dans les halls des salles de cinéma.
LA POSTPRODUCTION
On appelle postproduction toutes
les opérations qui suivent le tournage jusqu'au tirage des copies. Elle
recouvre donc le montage, la postsynchronisation, l'enregistrement de la musique
et des bruits additionnels, le mixage, les effets spéciaux de laboratoire, le
montage négatif, le report optique du son, l'étalonnage, le tirage du master
et de la copie zéro.
Le
montage
Le montage est la première opération
de postproduction et la plus importante du point de vue de la création. La
première opération consiste à choisir pour chaque plan la prise considérée
comme la meilleure. A partir des prises retenues (et synchronisées) dont il a
retiré les claps, le monteur procède à une remise en ordre des plans, en les
collant bout à bout dans la succession prévue au découpage qu'on appelle
copie de travail.
La
postsynchronisation
On appelle postsynchronisation
l'enregistrement de dialogues après le tournage. Elle intervient chaque fois
qu'on doit renoncer au son direct. La postsynchronisation comprend deux phases :
la détection et l'enregistrement.
La détection consiste à reporter le texte à dire sur une
pellicule 35 mm transparente dite "bande rythmo". Cela en parfaite
correspondance avec l'image grâce à une machine qui assure le synchronisme de
l'image et de la bande rythmo.
Détecteur
Technicien du doublage qui repère sur
l'écran d'une table de montage le texte original en même temps que le
mouvement des lèvres de l'acteur qui le prononce.
L'enregistrement se passe dans un
auditorium spécialement équipé. Dans la salle, un écran classique sur lequel
l'image est projetée et, en dessous, un deuxième écran, de même longueur
mais nettement plus étroit. En synchronisme avec l'image, la bande rythmo
défile, de droite à gauche et en continu sur l'écran inférieur. Un index
indique le moment précis où chaque syllabe doit être prononcée.
L'enregistrement
de la musique
La musique de film peut avoir
deux origines : musique préexistante, écrite indépendamment du film, ou
musique composée spécialement pour le film et dite musique originale.
Compositeur
Auteur de la composition musicale qui
accompagne le film et lui donne une partie de sa couleur.
Arrangeur
Musicien qui procède à des
arrangements d'œuvre préexistantes en les fusionnant antre elles ou en les
réécrivant en fonction des besoins dramatiques et rythmiques du film.
Les
bruits
Un film comporte des bruits qu'on peut
classer en deux catégories : les bruits réalistes et les bruits à effets. Les
bruits réalistes sont imposés par l'image dont ils composent, en quelque
sorte, la rumeur. C'est le bruit des pas d'un personnage, le moteur d'un
véhicule, des objets qui tombent ou sont déplacés, un liquide qu'on verse, un
coup de feu, etc. Les bruits à effets dépassent la simple nécessité de
vraisemblance sonore pour acquérir une valeur affective ou symbolique.
Le
bruiteur
Il est l'héritier d'une très
ancienne profession née, bien avant le cinéma sonore, pour animer les
spectacles théâtraux puis le cinéma muet. Le bruiteur est quelqu'un qui
reconstitue les bruits par des moyens parfois très insolites et qu'il garde
jalousement secrets.
Le
mixage
En fin de montage, le son mobilise
plusieurs bandes magnétiques. Au minimum trois (parole, bruits, musique). Il
convient donc de les ramener à une seule en les mélangeant. C'est ce mélange
qu'on appelle mixage.
AUTRES MÉTIERS
Animateur
En matière d'animation, dessinateur
chargé de mettre au propre les dessins de base et de réaliser au crayon les
dessins clés correspondant aux positions extrêmes des mouvements.
Attaché
de presse
Collaborateur de la production ou
indépendant chargé de la promotion des films auprès des médias.
Critique
Personne qui commente et juge les
films dans la presse écrite, radio ou télévisuelle.
D'après Faire un film de
François Chevassu
Édition Edilig
Et Vocabulaire technique du cinéma de Vincent Pinel
Édition Nathan Université